Sainte Lucie...

Pirates des Caraïbes

En bon pirates des caraïbes on allait pas passer à côté sans aller jeter un petit coup d'oeil ! Saint Vincent n'est pas "sécur", et avec notre guideau, nous ne ferons que passer. Ce n'est pas l'envie qui nous manque d'aller explorer cette île volcanique qui culmine à 3000 mètres et dont la côte offre de superbes paysages verdoyants et escarpés...Mais voici les images que vous reconnaîtrez forcément d'un des lieux de tournage....Port Royal..... ROYAL !

La route vers sainte Lucie est minée de bouts d'arbres, magnifiques navires, oiseaux, tortues et même dauphins que nous n'avions plus vus depuis le Cap Vert. Une belle nav !

Sainte Lucie

On vous souhaite, du champagne, du bonheur, du vin, du plaisir, des bonbons, du chocolat, du beau temps, du bon temps, des ferrero rochers,

On vous souhaite, des rochers suchards, des voyages, des loisirs à loisir,

On vous souhaite une Bonne Année 2014 !!!!

Tropicalement !

Le 5,01, nous sommes toujours à sainte Lucie en attente de la pièce pour le guindeau. En montant au mât, Etienne a repéré que la barre de flèche babord était cassée, et cela ne date pas d'hier quand on remonte dans les photos ! On a eu de la chance de ne pas démâter ! En attendant, nous avons pu mouiller à "jalousie" avec la dernière bouée disponible, avant de rejoindre le port que nous connaissons maintenant en long en large et en travers. Ce ne sont pas les occupations qui manquent : bricolage pour Etienne et sinon bricolage, quotidien pour tout le monde, maintenant bien rôdé, et bien sûr balade dans l'île. En attendant la suite, voici quelques portraits de nos rencontres éphémères...

Nous voyons défiler nos voisins de ponton : Martiniquais aux couleurs créoles, Belges bien cool, italien qui se balade continuellement en maillot de bain, une famille Russe qui s'est fait peur sur la traversée leur pogo 12,50 lancé à 15 noeuds au beau milieu de l'Atlantique, cinq compères Anglais retraités d'air bus ou de l'enseignement et vieux loups de mer bricoleurs, Espagnols, Américains bien portants...dans une ambiance où tournoient également les vendeurs de fruits repérables à mille lieux, les taxis boat multicolores...

Les rencontres sont brèves, on se passe les outils, se dépanne d'un raccord. Les gars d'ici qui bricolent un coup sur le guideau pour Philipp, un coup sur le hauban pour Kennedy et Elvis, passent et repassent, à la recherche d'une vis, d'un outil, car ils débarquent les mains vides. Ils ne savent pas vraiment comment faire. Etienne qui a un coude "dans l'sac" je passerais sur cet épisode, suit de près, conseille, n'ose s'absenter et est finalement bien content de les avoir pour le travail en force. Quant aux conseils prodigués pour le coude, on a un peu hésité à les suivre : tisane de carotte, bain de coude dans de l'eau chaude chargée en gros sel, cataplasme de poivre noir, ou de salive, ou les deux...

La pièce tant attendue arrive finalement des US bravant les intempéries du grand nord. Le hauban ressoudé est mal remonté, la tension dans les haubans n'est pas équilibrée. Pas de problème, ils sont là la veille de notre départ pour La Martinique et finissent le boulot, vite rejoints par le gars du guideau. Ca parle anglais, éclats de voix, ils ne sont pas d'accord, anglais technique, ou créole, ou français, faut suivre ! Etienne supervise, faut savoir tout faire sur un bateau ! Tous se connaissent, les conversations sont animées, les engagements pris sur différents bateaux sont tenus simultanément, et finalement l'histoire se termine autour d'un nouveau bon café, Salif Keita à fond dans le port de Sainte Lucie, fait danser Philip. Ce gars de la débrouille débarqué à deux ans ici, originaire de Guyanne, avec mère frères et soeurs, vite abandonnés par le père à la main lourde autant sur le rhum que sur sa femme, raconte une histoire, son histoire, en dévorant la tartine au nutella d'Anatole !!! Merci à vous trois, on s'en souviendra de notre escale à sainte Lucie !

 

On s'accorde une virée à Castries, petite capitale à la taille de l'île, ainsi qu'au volcan. Nous louons une voiture une journée. Une journée de trombes d'eau. Les cascades proches du volcan sont rendues innaccessibles avec les pluies diluviennes qui s'abattent sur Sainte Lucie. Les routes sont transformées en rivières, les rivières sont rougies par les boues. Des pans entiers de colline sont effondrés sur la route, des glissements de terrain ont été déblayés sommairement, trace récente de la tempête tropicale que nous avons eue aux tobago Cays et qui a fait ici et sur Saint Vincent beaucoup de dégats, et une vingtaine de morts et disparus !

On arrive au volcan. Il fume à 170°C, il bouillonne à 100°C, et ça sent le soufre, l'oeuf pourri. Il n'est pas entré en activité depuis deux cents ans mais reste sous surveillance. Tant qu'il dégage ses nuées blanchâtres et malodorantes, tant qu'il se frémit pas c'est bon signe, la cocotte minute laisse échapper ses vapeurs. Une cinquantaine d'âmes vivent sur le site, cultivant les terres rendues très fertiles. L'eau qui se déverse est chargée en fer, et noirâtre. Nous nous y baignons en contrebas dans une température de 37°C ...sous une averse tropicale. À faire !

Curieuse Sainte Lucie. Nous tombons sous le charme. Nous traversons des villages dont les maisons sont alignées le long de la route, en tôle ondulée, et terre battue laissant entrevoir une pauvreté non perceptible au port à deux pas de belles villas bien en dur... On n'ose imaginer les conséquences d'un gros cyclone.

Une fenêtre météo dimanche 12/01 nous permet de remettre les bouts vers La Martinique. Retour en France donc, après 7 mois de virée, pour une escale d'une dizaine de jours avant la Dominique...enfin, normalement ! Allez, on continue de vous tenir au courant !