La Martinique

Nous accostons aux Anses d'Arlet, une magnifique plage accueillante à souhait sur la côte sous le vent, à l'ouest. Un havre de paix. Du pur bonheur, du plaisir, du bon temps. Après nos déboires à Sainte Lucie nous savourons pleinement la quiétude retrouvée. Etienne regarde son coude dégonfler et une sorte d'abcès par contre se former. Consultera, consultera pas ? Nous déambulons sur la plage, savourons les fameux "ti punch", nous offrons un "colombo de poulet " au coucher du soleil, et repartons avec des tonnes de citrons, cadeaux de la maison ! Ca fait rêver c'est sûr ! L'accueil est très chaleureux, et l'on apprécie l'ambiance de ce village qui fait tout pour garder son authenticité. La Martinique nous ouvre ses portes, nous y resterons plus que prévu. Une belle destination de vacances sous les cocotiers. Dépaysante, variée, changeante, et pleine de découvertes et de surprises... et nous, on adore les surprises, la Martinique nous a conquis !

Fort de France

Fort de France

Ville principale de l'île, elle a grossi depuis l'éruption volvanique de mai 1902 qui a rayé de la carte Saint Pierre très prospère à l'époque. Nous baladons jusqu'à la bibliothèque Schoelcher et sa belle architecture extérieure, dénichons un passage de créateurs ; ici trois femmes préparent un spectacle et confectionnent des "compères" issus des contes et légendes Martiniquais. Mais à 18 heures les rues se vident de leurs habitants, et la vie s'arrête avec la nuit qui tombe très vite.

Au nord, le jardin de Balata est d'une tranquillité surprenante, et de toute beauté. On peut même se prendre pour des singes perchés à 10 mètres de haut dans les arbres. A faire ! Le créateur du lieu a ramené du monde entier de nombreuses plantes tropicales, pour le bonheur des visiteurs. Allez, on vous sait en manque de fleurs, de chaleur, de soleil, alors on vous envoie un p'tit bouquet !

Le Marin

Le Marin

Les surprises se savourent également sur l'eau où nous croisons un superbe cinq mâts qui envoie...toutes ses voiles !

C'est un port gigantesque qui croule sous la chaleur humide des tropiques. Un port où la probabilité de croiser Georges (tout le monde devrait connaitre Georges, un ami d'enfance ! ) de passage la nuit du 16 au 17 est infime ! ... et pourtant, je suis tombée sur lui au hasard d'un déplacement sur les pontons ! Nous nous sommes encore trouvés ! Nous lui souhaitons, avec son équipage une bonne virée aux Antilles, après leur départ pas discret du tout hum hum !

Chez Clément...

L'Habitation Clément c'est une distillerie , et bien plus qu'une distillerie. Elle a accueilli Georges Bush et François Mitterand au moment de la guerre du golf, petit palais des tropiques. Ses jardins d'abord, avec des variétés rares sur des hectares, dont les noms laissent imaginer les extravagances de la nature : le Figuier Maudit se développe en colonisant arbres et constructions, le Palmier Elata, très volumineux, consacre des décennies à produire une fleur unique...avant de mourir , le Palmier Glouglou, produit au bout de 35 années des fruits porte-bonheur qui ressemblent à des petites pommes de pain toutes rouges et bombées. En tombant certains glouglou perdent progressivement leur écorce dans l'humidité de la terre et dévoilent un noyeau blanc joliment tâcheté, dur comme du marbre, difficile à polir et très délicat, que l'on appelle ivoire végétal ;

Des diverses habitations l'une est transformée en musée de peinture, sculpture et poésie, Pablo Picasso, Wifredo Lam, et Aimé Césaire si présent dans toute la Martinique ! et bien sûr, son ancienne distillerie est superbement conservée.

L'habitation Clément continue de stocker des cuves, en bois brûlé, remplies d'un trésor parfois très ancien. C'est avec le sourire que nous respirons les vapeurs douces de rhum, aux senteurs boisées, que l'on se prend à rêver, dans les émanations d'alcool et le crépitement du bois qui travaille au bon goût des Antilles.

La Martinique est d'une variété de paysages qui nous comble. Forêt tropicale, volcan, mangrove et région plus sèche, avec des champs, des cultures, des vaches, un petit air de France avec quelques degrés de plus ! La presque île de la Caravelle, c'est de la mangrove, surtout vers la pointe. Et tout au bout, nous tombons enfin sur la fameuse plage. Allez, un petit plongeons bien mérité !

Mouillage au Robert

Les mouillages de la côte au vent nous attirent. D'abord, parce que personne ou presque n'y va ; parce qu'il vaut mieux se procurer le guide des mouillages du coin, aimer faire du rase patate de corail et préférer les coins déserts. Au Robert, nous trouvons tout cela ! Personne la première nuit, et une belle rencontre le lendemain, Caroline et Nicolas, dans un mouillage de rêve.... et l'incroyable est arrivé ! Lors de notre nav vers Saint Pierre nous pêchons un beau barracuda d'au moins 1 mètre, estimé à environ 6 kg. A table !

Saint Pierre

La ville meurtrie est dévastée en mai 1902 par la montagne Pelée. Nous ne verrons jamais le sommet du volcan, constamment sous les nuages et abandonnons nos projets de randos dans cette partie de l'île vu la météo, il faudra revenir. Saint Pierre était donc très prospère, cité principale de l'époque elle a été totalement balayée par la colère de la pelée le 8 mai 1902, faisant 28000 morts. Une première explosion a projeté une nuée ardente sur la ville en une seule toute petite minute. D'autres nuées suivront, pour achever la destruction. Des deux survivants Louis Cyparis prisonnier, a été protégé par l'épaisseur des murs de son petit cachot où il avait attéri pour ébriété. Gravement brûlé il connut une fin plus terrible encore car il finit sa vie aux Etats Unis, dans le cirque barnum où il fut exhibé comme une bête de foire, dans une réplique de son cachot. Nous passons du temps au centre de découverte des sciences de la terre. L'arc des petites Antilles a une activité volcanique intense, de type différent, et les projections de films et expositions sont passionant. Ca fait froid dans le dos tout de même !

Les habitants ont heureusement bien le sens de la fête. Les préparatifs pour le carnaval qui aura lieu dans plus d'un mois vont bon train.

Il nous faudrait rester encore et encore en Martinique pour en faire vraiment le tour, dénicher d'autres perles, prendre le temps des rencontres... Mais il nous faut avancer. Une place de port est réservée en Guadeloupe à partir du 16 février, car je reprends l'avion le 24 avec les jeunes (mieux vaut ne pas y penser ! ). Il nous manque du temps, et nous voulons nous arrêter à la Dominique... Nous nous préparons donc à repartir (météo) depuis notre mouillage de Saint Pierre au nord ouest. Etienne prend des avis pour son coude qui l'amènent à consulter à l'hopital de Fort de France. En route, l'abcès pète. La consult se transforme en hospitalisation, avec passage au bloc. Finalement, on est pas parti et les randos fabuleuses du nord de l'île, dans la forêt tropicale ....