La Dominique

Nous quittons la Martinique, pays du rhum et des arcs en ciel, le 1 ier février, non sans avoir fêté un petit anniv (le mien) en compagnie de Socoa, arrivé pile quand il le fallait et débarqué avec ...une bouteille de champ, à peine Etienne revenu de l'hosto ! On ne se laisse pas abattre !

La veille nous croisons sur un ponton un couple franco belge de bateau stoppeur désirant se rendre à La Dominique. Pas de problème, ils ont l'air bien sympa, nous les embarquons! Seul hic, ils n'ont pas pu faire les formalités de départ auprès de la douane à temps, nous verrons donc en Dominique.

La nav est tout simplement fabuleuse. Un peu plus de vent que prévu, 20 noeuds, 25 dans les grains, vent de travers, cheveux emmêlés, tête dans le soleil (ça brûle). Nous naviguons grand voile haute et envoyons le génois que nous enroulons à plusieurs reprises sous les grains, nous avons des bras en plus. Nous filons à 9 noeuds, 9,5 noeuds. A peine passé la pointe de La Dominique, des dauphins apparaissent en nombre vraiment incroyable. Par dizaines ils frôlent Beizh-île, surgissent, plongent dans les grandes profondeurs en s'éclipsant à la vitesse de l'éclair.

Eternels compagnons de voyage...

Les douaniers Dominicains, dans leur cuisine bureau ou l'inverse, sont bien conciliants car après nous avoir signifié que nous avions tout de même embarqué des passagers clandestins (ça c'est gonflé), ils donnent à nos amis un visa d'un mois, renouvelable . Ici le touriste est choyé, attendu. L'accueil est très chaleureux. Les autochtones viennent d'emblée proposer leurs services, mais pas seulement. Ils viennent aussi discuter, faire connaissance, et partager leur île. Une île extrêmement verdoyante, il pleut beaucoup alors que nous sommes en saison sèche. C'est l'île des 365 rivières, une végétation tropicale extrêmement variée, dont les utilisations bienfaisantes font même des centenaires. 128 ans est l'âge de tous les records. C'est l'île des iguanes, des pythons constrictores (on n'en verra pas), des perroquets (on pense en avoir entendu) qui se perchent si haut qu'on ne peut que les deviner, des tortues...

Etienne ayant des impératifs médicaux (pansement tous les deux jours), nous devons filer sur la Guadeloupe dès le lendemain, un peu de sérieux ne nous fait pas de mal !. Nous faisons une escapade le matin, sur l'Indiana river avec notre guide Albert sur sa barque et nos deux passagers Johanna et Mickael qui ont passé la nuit à bord. Albert est incollable sur les variétés de bois. Le bois qui pleure tellement il est gorgé d'eau qu'il dégouline quand on le coupe, le bois de sang, dont la sève est toute rouge, et qui saigne, celui qui ne meurt jamais et qui sert à délimiter les terrains car lorsqu'on plante une tige, il repousse toujours, pas moyen de grignoter du territoire.

Nous découvrons quantité de plantes d'eau, leurs différents usages, le thé de cacao, également bon pour la santé, mais aussi l'histoire cahotique de cette île, un temps peuplée d'Indiens cannibales, et qu'Albert nous fait amoureurement partager. Il a l'oeil pour dénicher les crabes, iguanes perchés dans les arbres pour attrapper le soleil qui va réchauffer leur sang. A 7 h du matin nous sommes seuls dans la jungle et l'écoutons parler en admirant la beauté de la rivière et de ses berges impénétrables. Nous passons devant la maison de la sorcière de pirates des caraibes, et finissons notre escapade sur un chemin dans la forêt extrèmement glissant.

Ici, la nature prédomine, les falaises sont très abruptes, recouvertes d'une végétation très dense, parsemées de quelques villages deci delà...

Notre escale est de courte durée et nous donne envie de revenir. Ici le cratère de la soufrière est l'un des plus grands cratères d'eau sulfureuse au monde. Nous disons au revoir à nos amis Johanna et Mickaël, qui peut-être s'installerons ici. En attendant on ira les voir en vendée, une belle rencontre !