La Guadeloupe

Marie Galante

Et nous voilà à Marie Galante, troisième îles française en superficie des Caraïbes. Elle fait partie de la Guadeloupe, et ressemble à un gros galet posé sur l'océan. Peu peuplée, il y a peu de mouvements, d'autant plus qu'il y a grève des stations services. Nous réussissons tout de même à aller à grand Bourg depuis notre mouillage tranquille de Saint Louis où nous retrouvons Marc'h mor, un bateau rencontré aux Canaries. Improbables retrouvailles ! La visite de l'éco-musée du grand domaine Murat, où se cultivait la canne à sucre au temps de l'esclavage est un peu décevante. La maison de maître et les vestiges sont superbes, dans un parc offrant une vue imprenable sur les Saintes.

Nos balades dans Saint Louis sont faites de rencontres avec des pêcheurs qui réparent ou confectionnent leurs filets, en grillage, en bois, ou en bambou. Ils nous font goûter le jus de canne, breuvage sucré, au goût doux et âpre. Nous apprenons à mâcher des morceaux de canne à sucre et à faire dégouliner le jus dans la bouche, ramassons des lambis. Nous rencontrons des vendeurs de farine blanche, plus tout jeunes, bien contents d'échanger un petit moment. Marie galante est tranquille, douce, accueillante, parfait pour farniente un peu, on n'est pas pressés !

Les Saintes

C'est un petit chapelet d'îles, au sud de la Guadeloupe, plus sèches, toutes fleuries, aux maisons très colorées où il fait bon déambuler dans les petites ruelles. Des navettes déposent des touristes le matin, et qui repartent avant la nuit tombée. Et puis il y a ceux qui restent, qui prennent le temps comme nous en avons la chance ! Les rencontres vont bon train sur terre de haut l'îlet principale nommée ainsi car elle est la première à recevoir les Alizés.

Nous nous offrons des mouillages très différents, au Cabrit d'abord pour une bonne partie de découverte aquatique, au Bourg, le mouillage principal lieu de départ de belle balades, jusqu'au fort Napoléon, jusqu'aux superbes plages du nord ou se languit un petit port de pêche, jusqu'au Chameau point culminant à une altitude raisonnable de 300 et quelques mètres pour le tour complet d'horizon. Ici la Dominique, là bas Marie Galante, puis la Grande Guadeloupe illuminée le soir. La terre est en vue de tous côtés, certaines à portée de nage, avalant gloutonnement les soleils couchants.

A terre de bas, plus sauvage, les pélicans plongent en rafale tout près du bord. Le mouillage est très rouleur, et un BMS le lendemain nous fait déguerpir dare-dare vers le Pain de Sucre, plus tranquille. Nous passons du temps avec Socoa, partageons les mouillages, les baignades, les balades, les bons plans, les anniv, accras de morue, bouquins, ti pucnhs et plats improvisés.

Les iguanes aussi déguerpissent quand on s'approche trop près d'eux, en défonçant tout sur leur passage, imités par leurs petits verts fluo. D'autres se font cuire sur des branches, en surveillant de tous côtés, et se fondant dans la végétation. Retour en préhistoire !

Etienne prépare la transat retour. Changer les batteries, confirmer le grutage offert par le port de Pointe à Pitre qui nous avait, lors d'une précédente petite escale, attribué une place où le safran a touché (c'était la moindre des choses ! ), scruter la météo et l'anticyclone qui continue de grossir jusqu'au Açores. Nous nous préparons au retour à Pointe à Pitre le 16, et à notre dernière semaine avant décollage pour moi et les jeunes. Tout a une fin sauf la banane qui en a deux. Il y aura donc deux retours, un aérien, rapide, sauf l'atterrissage ça c'est sûr, et un maritime, deux semaines jusqu'aux Açores puis une jusqu'en bretagne si la météo le permet. Nous espérons avoir le temps de visiter tout de même un peu Petite Terre et Grande Terre...,

Pointe à Pitre

Dimanche 16 février, retour à Pointe à Pitre. La nav depuis Les Saintes est la dernière pour nous, et nous la savourons pleinement. Deux ris dans la grand voile, trinquette. 20 à 25 noeuds de vent, bon plein. Assez vite le vent tourne correspondant aux prévisions météo. Nous marchons au prés, et le vent baisse, nous sommes sous toilé, tant pis. Petite houle, moins que prévue, et comme toujours, de temps en temps, en fait assez régulièrement, deux à trois vagues d'affilées, plus grosses, font décoller puis tomber la proue du Breizh-îles. On a l'impression d'être totalement vacciné contre le vent , la houle et les jeunes ne sont plus depuis bien longtemps génés de rester à l'intérieur pour regarder des films ! La Soufrière est presque totalement dégagée, c'est bien la première fois que nous voyons aussi bien la côte montagneuse de Basse Terre. En longeant l'île, le fond remonte brutalement, et la mer devient toute verte. A la pointe, elle casse en gerbes blanches. Notre cap ne nous permet pas de passer cette avancée de terre avant le port et nous l'ajustons à l'aide du moteur. Une fois la pointe passée, nous poursuivons grand largue, le vent rentre à nouveau et breizh-îles file à 9 noeuds ! Une belle arrivée dans le chenal, un peu à fond les manettes. Nous remballons la trinquette sous vent arrière, puis la grand voile bout au vent. Petit appel sur le canal 9 pour annoncer notre arrivée au port, le gars arrive avec son dinghy et nous place au ponton, à un emplacement où ce coup ci nous ne risquons pas d'y laisser des bouts de safran.

Breizh-îles est rapidement rangé. Nous retrouvons une famille de quatre, partis depuis six ans, et prenons le temps de faire plus ample connaissance. Il y a de bonnes soirées en perspectives, avec tout ce monde à la marina Bas du Fort ! La semaine s'annonce chargée. Grutage, envoi de colis, CNED le matin, visite de l'île, soirées, préparation du bateau pour la traversée d'Etienne et son équipage !